P. d’Eaufil.(1) Pierre, pour les intimes
Voici 4 ans que j’ai poussé pour la première fois la porte de La Garçonnière. Quatre années en dents de scie.
Les six premiers mois ont été admirables. Je réagissais de-ci de-là au
fil des conversations. Mes réactions ont déclenché quelques amitiés.
Certaines de ces amitiés sont toujours présentes sur LG, d’autres
semblent avoir disparu, d’autres encore bel et bien. Notamment Babou,
que je reste persuadé d’avoir fait fuir, avec d’autres, au détour d’une
conversation touchant à une certaine éthique morale du pédophile. Après
six mois de conversations à bâtons rompus, il y eut en quelques jours
seulement un petit flot de mails dans ma boîte. On y racontait
expérience de prison mais aussi courage, persévérance, sublimation par
le sport.
Il y eut l’histoire de ce garçon que tout le monde a connu sur LG car
il s’identifiait comme tel, garçon qui, adolescent, s’était fait violer
par un tonton éploré après l’acte, et était lui-même pédophile. Je ne
savais pas quoi faire de son histoire, que je trouvais trop
ambiguë : était-il dans le clan des pédophiles ou celui des
« victimes » ? Cherchait-il en moi une amitié ou
l’occasion de me coincer au pied du mur ? Craintif, tel est le mot
qui me déterminait, et qui me détermine toujours. Il attendit longtemps
ma réaction et l’attend encore. Plus tard, j’ai lu qu’il a abandonné LG.
Puis un vent de panique souffla sur LG. Une descente de flics tentait
de « nettoyer » la toile. Quelques jeunes rebelles mignons
mais imbéciles sont restés coincés dans les filets des flics, tandis
qu’Alexandre Roman(2)
essayait, avec succès, sa deuxième tentative de suicide. Entre temps,
j’avais bien sûr disparu de la circulation. Et perdu déjà tous mes
contacts mails.
Quelques mois plus tard, je faisais une deuxième apparition.
J’apprenais la mort d’Alexandre. Je tentais de rebrancher la
conversation. En vain. Je parlais à tort et à travers, m’insurgeant
d’ailleurs contre des messages qui ne valaient pas la peine de
m’insurger – du moins dans la forme.
Ces derniers temps, j’ai envoyé quelques mails très isolément. Aucune
réaction. On ne me fait plus confiance. L’Internet est un outil à deux
tranchants. Il rapproche comme il peut éloigner aussi vite. Pour avoir
montré un caractère frileux et n’avoir rebondi que par intermittences,
j’ai perdu toute crédibilité.
Il serait très simple de changer de pseudonyme. Seulement voilà :
- Je n’ai aucun sens de l’ubiquité, et serais démasqué dès le premier message.
- Je ne ressens pas le besoin de me « vendre ». Dans
un monde virtuel ou règnent en permanence la peur des flics,
le doute et la méfiance, et où on ne sait plus qui trouver derrière un
pseudonyme, je revendique le droit à l’authenticité, et réclame pour
cela que Pierre d’Eaufil reste à jamais Pierre d’Eaufil. Il n’y aura
jamais de personnage hybride de Pierre d’Eaufil(1).
- Je suis trop fier de « P. d’Eaufil, Pierre pour les intimes ».
Je ne sais pas si cela permettra de récupérer mes anciens contacts.
J’espère quoiqu’il en soit faire de nouvelles connaissances. « LG, vous n’êtes plus seul. » Justement, je demande à y croire.
Pierre d’Eaufil, le 18 septembre 2007.
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(1) – Contact Pierre d’Eaufil : pierre-d.e@webbleu.net [compte désactivé jusqu’à nouvel ordre]
(2) – Alexandre Roman : http://alexandre.roman.free.fr/
30 août 2003:
Présentation
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Bonjour à tous. En poussant la porte de La
Garçonnière, j’espère construire
quelques amitiés au milieu de vous tous.
Pendant longtemps occupé sur les métiers de l’enfance,
j’ai choisi de quitter
cette grande sphère qui pour moi était comme le lac de
Tantale. Je suis
maintenant employé administratif. J’essaie par ailleurs
d’occuper mes journées dans le milieu associatif
et auprès de quelques amis, ce qui m’aide à avancer
positivement dans la vie.
Je suis un peu trop lâche je pense pour connaître
immédiatement une aventure BL.
Cela ne veut pas dire que je sois abstinent, comme je l’entends parfois
dire entre nous.
Je déteste l’idée d’une abstinence, comme tout ce
qui fait barrage à notre nature.
Je suis pédophile, cela a pris du temps pour que je le
reconnaisse de mon côté.
Maintenant, tel que je me suis accepté, je fais en sorte,
en donnant une image positive de moi-même, de vivre en
pédophile.
Pour le reste, l’expérience BL viendra, et je le crois, avec le
temps et la patience.
On me connaît dans mon plus large entourage comme un homosexuel,
y compris au boulot.
Cela suffit pour me faire espérer, et croire qu’il y a un
Dieu même pour nous, boy-and-girl lovers.
Je ne sais ce que ma rencontre avec LG prévoit dans mon avenir,
mais je suis heureux de franchir
un nouveau cap dans ma vie, celui de discuter concrètement et
sereinement avec d’autres boylovers,
et de chanter en toute liberté la beauté des enfants.
Pierre d’Eaufil,
le 30 août 2003
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